oubli 44

Ce matin, un arbre est tombé, entre nous
et c’est bien

Voilà et l’hiver et la source
L’heure et le soupir
Objet du silence

La mort n’a pas d’histoire
Vertige
Elle a la justesse du précipice

[Le temps se découvre une quelconque lassitude]

Se reprendre à nouveau
Revenir aux plus riches heures
Exister aux nombres
Ne plus courir

[Il n’y a qu’un arbre et nous sommes la forêt]

oubli 40

La terre repart toujours un peu.

Dans l’ombre,
le chant de la perle, juste.

Sous la langue,
une aile fanée.

Le tour est tombé.

J’ai saisi le réveil,
l’œil crevé du secret.
La fuite ne compte plus. 

Tes épaules battent le jour,
déchirent la ronde.
Et l’or fond sur tes lèvres.

Dans la cuisine, mes chiens épais,
l’odeur nue de la chasse.

Ce soir, ton gardien dort.