Des fois 9

Des fois

c’est toujours pareil

la marche

le retard sourd du matin.

La colère s’est mangée

unique écho

un sable ta salive.

Léger vent sous ta paupière.

Derrière.

Caresse répétée

le pas de l’homme

le vol du bâton.

Tu souffles.

C’est un air animal

lent

seul

Quand tu pars.

Des fois 7

Des fois

il sort de la neige

dix coups de fouet

Pour construire la nuit

se perdre

d’un pinceau libre

Échafauder tous les matins

La rouille

la plus souple

ce qui se lève

C’est son camp

le fil de ses doigts

sa maison au bouquet tombé

Dans sa langue naissante

il a tous les droits.

Des fois 2

Des fois

tu berces chaque départ.

Remets la terre à sa place

quand la soif est bue.

Des fois

tu mords la poussière

fermes l’air

mets le début à la fin.

Des fois

tout pousse à reculer.

A donner ce qui est perdu

le dernier à défendre le souffle.

Des fois

la mesure est vide.

oubli 45

Chaque jour
creuser sous l’arbre

la bible de ton corps.

En boucle épuisée.

Priant 
aux ongles 
le pauvre soupir 
mon courage en laisse.

Ramasser la pourriture
la vaisselle froide
l’odeur de cuisine.

Soulève la musique.
D'un seul éclat.

Pousse le couvercle de la nuit
mes mains sales du doute.

Je tiens ton pas
au rythme de mes silences
sans réserves.

A chercher l'air vivant
la légère messe du matin.