Ce matin, un arbre est tombé, entre nous
et c’est bien
Voilà et l’hiver et la source
L’heure et le soupir
Objet du silence
La mort n’a pas d’histoire
Vertige
Elle a la justesse du précipice
[Le temps se découvre une quelconque lassitude]
Se reprendre à nouveau
Revenir aux plus riches heures
Exister aux nombres
Ne plus courir
[Il n’y a qu’un arbre et nous sommes la forêt]
Auteur : vincent Alvernhe
oubli 43
La montagne a replié ses ailes. Le poing brûlé. Le travail d’un rêve. L’enfant soutient le noir secret sous ses pieds, des miettes un faible animal couché entre les pierres. Elle enfile le gant reprend le tissu déchiré. C’est dans ses yeux que je vois.
oubli 42
Être le présent. Venus du secret le plus bas compter deux rêves à la couleur éphémère. Sous le tapis des jours, prêter le flanc à la naissance. Laisser monter jusqu’à la chambre haute.
oubli 41
J’ai mangé le pain qui avance. Des jours sans levain au-delà de mes pas. Courir à s’enflammer. Aspiré, désossé. Pour inventer la ligne. Droite. La grande Trace.
oubli 40
La terre repart toujours un peu. Dans l’ombre, le chant de la perle, juste. Sous la langue, une aile fanée. Le tour est tombé. J’ai saisi le réveil, l’œil crevé du secret. La fuite ne compte plus. Tes épaules battent le jour, déchirent la ronde. Et l’or fond sur tes lèvres. Dans la cuisine, mes chiens épais, l’odeur nue de la chasse. Ce soir, ton gardien dort.
oubli 39
C'est encore fermé à ton heure. Deux yeux qui s'échappent. En plein. Un bleu saigne à chaque porte. Puis tu reprends la danse trouves l'air. S'ouvrent les perdus quand tu pars où je suis.
oubli 38
J’ai attrapé la flèche mangé la cible noyé la clé. On a rangé les chaises. La route grillagée. Au-dedans tout est plein. Le balcon fermé. Le vent a oublié. Et tu trempes tes mains où tout grince et s’affole.
oubli 37
J'ai attaché la main du plus menteur. Au fond du puits muet faire un tour dernier à la boucle fermée. Toutes sources s'avancent aveugles. J'attends ton pas l'effrayant murmure nu.
oubli 36
Pauvre solitude. Le quotidien à manger. Tu regardes le point qui disparaît. La fuite mouillée. Le mot, le seul. Tant de miettes dans les poches. Quelques animaux dans les oreilles. Tu n'as que le sel. Toujours un peu plus choisi. Un grain à moudre. Alors le vide comme une source. Un tremblement neuf.
oubli 35
Peux-tu regarder plus haut ? Je redoute l’encolure du soir brossée par l’illusion. A la falaise tranchante de tes désirs l'encens de mes peurs. J’ai sauté la haie. La fumée s’élève. Promise à la montagne. Le vol glacé d’hier. J’ai franchi le pas. Un toit, dernier chapeau du jour.