Le muet sourit. Sous le silence son pas détaché à nouveau l’accompagne. Son pied tranchant la parole. Dans le creux, chaussant le visible, des mots d’été, des souliers vernis de caresses. Alors, dans ce lit ce matin sans béquilles.
Le muet sourit. Sous le silence son pas détaché à nouveau l’accompagne. Son pied tranchant la parole. Dans le creux, chaussant le visible, des mots d’été, des souliers vernis de caresses. Alors, dans ce lit ce matin sans béquilles.
Il dit : Prendre la main de l’œil du tourbillon qui joint le signe au plaisir du réel. Et tout s’efface. S’ouvre un espace penché, pendu, retourné… Ici s’assemble : une carte limpide et un silence droit. La géographie du vide sur ta bouche tendue. Nos doigts, nos rides. Ici, où tout se rassemble.
Le feu a déjà tout dit, tombé dans l’amandier. Tu entends la steppe des jours calcinés. Traduire, conduire la tempête avec le brûlis des mains. La musique remonte de l’ardent secret.
Déjà petite ma mère se baignait à la source. Je buvais ses paroles, le miracle à la bouche. Sur ma langue, le vernis, finition huilée d'un morceau d'univers. Croque mon intime jette moi là où tu tombes. Au plus prés. Mon puits est fait de ta soif.
Cette nuit s’est arrêtée à tous les carrefours. Grande comme ce qui vient. Elle a tourné dans cette langue absurde, de quoi ramasser les corps épuisés. Maintenant, des feux, oui, des feux ! Pour chavirer tes jambes. Des avenues dressées à la calme lueur.
La guerre est déclarée. La forme aux armes alphabétiques. Dans l’armoire, la sueur des mots les flancs blanchis. Le regard rampant, prendre la frontière. Apprivoiser la viande.
oublié le serpent un oui dans la mer couteau vivant la glace sur ta joue plus profond la réponse le clitoris de ma mémoire deviens le jour dans mes mains la grande illusion le mensonge de la pluie
Le temps perdu au fond des poches. Blessé sous ta mémoire. Au magasin des artifices je vois bien la folie dans l’ascenseur. Ton cerveau, sa blancheur. La pose s'épuise sous les lampes. Quelle image prend la place ?
Je tête les souvenirs. La lune vibre sous ta peau. Regarde le jouet, le battement. Là, le chocolat de ton œil là, l'anguille, ta joue Et le fruit éveillé. Au cul du monde, j'ai tout mangé.
Sur un drap épais, j’ai déposé mes bagages, et rangé les factures. Doucement à l’arrêt. A demi endormi, le cœur secoué. Dans ce vert huileux et rouge une nage d’incendie me sauve. Quel retard indomptable m’offriras-tu un jour ?