oubli 12

La forêt. La grande                comme un linge mouillé.

Ce que tu entends et qui te renverse.
Celle que tu n'entends pas et qui te renverse.

Où tu as perdu. Où la peur muette.
La nourriture.

Fougère tatouée sur la langue.

Là où tu fuis.

Le dos posé                 dessus
la plainte               le vent que tu as vu.

oubli 10

Dieu est tombé de sa chaise.
Sa chaise en bois.

Il a glissé à ton côté.

A l'éternel chassé de plumes
Au voleur oublié.

Il a donné sa peau
vendu ses vêtements trop grands.

Au regard simple du chien.
On pense à ce qui vient.

Je lècherai ton dos
quand tu te lèveras.

oubli 7

Le matin a quitté ses lunettes.

Une traversée au bord des yeux.
Toute une aube.

Un plongeon salé,
des heures perdues.

J’ai rêvé de toi,

tu peux le prendre dans les deux sens
le 600 mètres, 12 nages
au souffle 
une prière.

J’aime la bouche du jour 
elle m’appelle par mon nom.

oubli 5

Ça sent la lutte
la détresse à la ceinture.

C’est l’armée du pire
accordée à l’ombre sous ta peau.

Qui te donnera le blé ?
L’or ? Le sang neuf du secret ?

Alors ton âme goûtera la douceur clandestine,
la fleur à la chair fraîche.

Elle aura une odeur de soir, mûr,
et abritera les grands oiseaux migrateurs.